Dans la nature, les limites ne sont pas souvent aussi clairement définies que dans les livres...
Dans les manuels, dans les guides, on décrit le plus souvent "l'individu type", représentatif de l'espèce décrite. Un individu, membre d'un groupe concret, délimité par des caractéristiques non équivoques.
Sur le terrain, on ne rencontre que des individus, des spécimens, tous plus ou moins proche du type, mais jamais parfaitement identiques à celui-ci.

C'est une simplification nécessaire, mais cet individu "normal", "moyen", ce "type" n'a qu'une existence statistique et on ne le rencontre que rarement.
Dans le monde réel, n'importe quelle population est constituée d'individus liés par des traits communs et différents l'un de l'autre par des détails plus ou moins spectaculaires.


A titre d'illustration, prenons l'espèce humaine: rendez vous dans la première ville venue et observez: vous verrez des individus variant sur de nombreux points.
Taille, poids, sexe, âge, couleurs (des yeux, de la peau, des cheveux...).
Parfois les distinctions sont plus extrèmes: albinisme, atrophie ou absence de membre, résultats d'accidents divers... et pourtant TOUS font partie de l'espèce Homo sapiens.

Sur cette page, vous trouverez des individus de ce type:
-hybrides.
-albinos ou hyperchromes,
-monstres (au sens classique d'individus malformés),

Les hybrides:
Un hybride est un individu issu de la reproduction de deux parents appartenant à deux espèces différentes.
C'est un peu curieux comme concept, dans la mesure ou une espèce peut être décrite comme une population d'individus inter-féconds: si deux individus peuvent avoir une descendance, ils font donc partie de la même espèce, non ?
Comme d'habitude, tout n'est pas aussi simple et tranché: parfois deux espèces proches (âne et cheval, tigre et lion...) peuvent s'accoupler et avoir des petits.
C'est peu fréquent chez les animaux en raison de leur autonomie comportementale: ils peuvent choisir leur partenaire de manière active et sont rarement amenés à faire leur choix en dehors de leur population d'origine.
La plupart des cas d'hybrides animaux sont d'ailleurs liés à l'intervention humaine.

Chez les plantes c'est différent: en raison de leur mécanisme de reproduction passif, les plantes ne choisissent pas leur partenaire et les cas d'hybridation sont beaucoup plus fréquents.
Les hybrides sont souvent plus robustes que les parents et on trouve assez fréquemment des populations exclusivement composées d'individus hybrides, sans présence des parents à proximité.
Il est probable que dans certains groupes ce mécanisme participe à l'apparition de nouvelles espèces (que l'on qualifie alors d'hybridogènes).

Les hypochromes/hyperchromes:
les couleurs des plantes et des animaux dépendent de la pigmentation cellulaire, elle même l'expression de caractéristiques génétiques.
Parfois, un individu présentera des couleurs très différentes du type de son espèce (fleurs, peau, pilosité très pâles, ou au contraire extrèmement colorées).
Ce phenomène se rencontre à des degrés divers dans toutes les catégories du vivant: dès lors qu'il s'agit d'espèces pigmentées, on trouvera des individus s'éloignant de manière extrème de la pigmentation "normale"

Les "monstres":
Les individus monstrueux peuvent l'être pour deux raisons:
-génétique: une anomalie du patrimoine génétique d'un individu est suffisamment grande pour entrainer des différences visibles par rapport au type de l'espèce, mais suffisamment réduite pour ne pas causer sa mort ni empêcher sa reproduction.
-historique: un accident lors du développement cause une difformité visible

Les anomalies du premier type sont par définition transmissibles puisqu'elles affectent le patrimoine génétique du sujet. C'est d'ailleurs la brique de base du mécanisme de l'évolution.
Elles sont relativement rares car une anomalie génétique est rarement dans la "zone de sécurité", c'est à dire exprimée de fa¸on visible mais non mortelle.
Par contre, puisqu'elles sont transmissibles, elles peuvent parfois affecter de nombreux individus de la même population.

Les anomalies de type accidentel, sont plus fréquentes mais n'affectent dans une population que les individus qui ont subi le même genre d'accident.
Bien entendu comme elles n'ont pas de caractère génétique, elles ne sont pas transmises à une éventuelle descendance.
Chez les plantes, on rencontre fréquemment des cas de ce type causés par un gel tardif alors que les boutons floraux sont en cours de formation. Les individus de cette génération comportent de nombreuses anomalies, alors que l'année suivante on n'en trouvera plus trace.
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