Jardinage

Cloportes : rôle, identification et conseils de jardinier

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Chaque printemps, les jardiniers retrouvent ces petites bêtes grises sous les pots, dans les tas de feuilles ou au pied des murets. Les cloportes, bien qu’inoffensifs, soulèvent des questions : faut-il les tolérer ou s’en méfier ? Leur présence est-elle un indicateur de bon ou de mauvais équilibre ?

Qui sont les cloportes ?

Les cloportes appartiennent à la famille des crustacés, au même titre que les crabes ou les crevettes. Ils vivent pourtant hors de l’eau, préférant les endroits sombres et humides, comme sous les pierres, les écorces ou les feuilles mortes. Ce sont des décomposeurs : ils se nourrissent de matières organiques en décomposition.

Cloporte

Leur carapace segmentée, qui peut être grisâtre ou brunâtre, leur donne une apparence d’armure miniature. La plupart mesurent entre 1 et 2 centimètres. Ils possèdent sept paires de pattes et peuvent se rouler en boule lorsqu’ils se sentent menacés — un comportement surtout observé chez les espèces du genre Armadillidium.

Ils respirent par des pseudo-trachées, des organes sensibles à l’humidité. C’est pourquoi ils sont rarement visibles en plein soleil ou dans des endroits secs. La nuit ou après la pluie, ils deviennent plus actifs et peuvent être observés plus facilement en train de fouiller la litière du sol.


Leur utilité dans l’équilibre du sol

Souvent considérés comme des nuisibles, les cloportes remplissent en réalité une fonction importante dans les jardins. En consommant les déchets végétaux, ils participent à la formation de l’humus. Leur action favorise la fertilité du sol, tout en assurant un recyclage naturel des nutriments.

Ils interviennent notamment dans la décomposition de :

  • feuilles mortes,
  • bois en décomposition,
  • racines abîmées,
  • fruits tombés au sol,
  • restes végétaux présents dans le compost.

En retour, leur travail permet d’aérer la terre, de maintenir une structure favorable aux racines, et de fournir de la nourriture à d’autres organismes du sol comme certains insectes prédateurs ou les vers de terre.

Les cloportes font donc partie des petits auxiliaires discrets qui participent à la transformation des déchets organiques en matière assimilable par les plantes. Ils sont aussi l’un des premiers maillons de la chaîne de dégradation biologique dans le sol.


Quand leur présence devient problématique

Dans certains cas précis, les cloportes peuvent occasionner des dégâts. Ils s’attaquent rarement à des végétaux vivants en pleine terre, mais certaines situations favorisent ce type de comportement, notamment dans des environnements confinés ou déséquilibrés.

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Voici un tableau présentant les cas les plus fréquents de dommages observés en jardinage :

Situation Type de dommage Conseil
Plantation sous serre Feuilles rongées au niveau du sol Ajouter de la matière sèche à décomposer
Jardin en bac ou pot Racines grignotées Aérer les contenants, réduire l’humidité
Fruits très mûrs au sol Peau attaquée Récolter plus tôt, éviter le contact direct avec la terre

Les cloportes peuvent également se retrouver en intérieur (caves, garages, vérandas) si les conditions d’humidité sont favorables. Dans ce cas, ils ne posent pas de danger mais peuvent gêner par leur nombre.


Gérer leur présence sans produits chimiques

Il est inutile de vouloir éradiquer complètement les cloportes. Leur présence témoigne d’un sol vivant et d’un bon recyclage des matières organiques. Toutefois, certaines pratiques peuvent aider à éviter leur concentration excessive dans des zones sensibles :

  • Aérer régulièrement les abris humides comme les serres ou les composteurs fermés.
  • Éviter les paillages trop épais ou mal décomposés près des jeunes pousses.
  • Limiter les apports excessifs de déchets de cuisine dans le compost, surtout en surface.
  • Réduire l’humidité dans les bacs et pots en ajustant les arrosages et en améliorant le drainage.
  • Installer des pièges naturels (rondelles de pomme de terre, planches humides) pour déplacer les cloportes vers des zones non cultivées.

Il est aussi possible de favoriser les prédateurs naturels comme les carabes, les crapauds, certains oiseaux ou les araignées. Ces animaux limitent naturellement les populations de cloportes sans intervention humaine.


Les cloportes comme indicateurs du sol

Observer les cloportes peut fournir des informations utiles au jardinier. Leur nombre, leur comportement ou leur répartition indiquent souvent des zones où la matière organique est abondante, où le sol retient l’humidité, ou au contraire où les ressources se raréfient.

Lorsqu’ils disparaissent soudainement, cela peut signifier un manque d’humidité ou un sol devenu trop compact. À l’inverse, une prolifération soudaine peut être liée à une accumulation de déchets verts non décomposés ou à un déséquilibre dans la faune du sol.

Les scientifiques utilisent aussi certaines espèces pour mesurer la qualité environnementale des sols, notamment dans les zones proches d’activités humaines. Le cloporte est capable d’accumuler des substances chimiques, ce qui en fait un indicateur potentiel de pollution.


Espèces fréquemment observées dans les jardins

Il existe plus de 3 000 espèces de cloportes à travers le monde. En France, plusieurs dizaines sont répertoriées, mais quelques-unes sont plus visibles que d’autres dans les milieux domestiques et agricoles :

  • Porcellio scaber : très commun, au corps rugueux et plat, de couleur grise à brun foncé.
  • Oniscus asellus : plus large et allongé, souvent reconnaissable à ses lignes claires sur le dos.
  • Armadillidium vulgare : la plus connue pour sa capacité à se rouler en boule, surface lisse et bombée.

Chaque espèce a des préférences en matière d’humidité, de température et de type de substrat. Certaines sont plus tolérantes aux environnements secs, tandis que d’autres ne survivent que dans les coins les plus humides et ombragés du jardin.

Leur observation est parfois facilitée en retournant doucement des pierres ou des planches, en particulier tôt le matin ou après la pluie.

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